Au moment d'entrer dans sa centième année, sœur Emmanuelle a confié à Sofia Stril-Rever ces méditations sur le bonheur. Elles nous plongent au cœur d'un combat spirituel. Celle qui, à six ans, vit son père mourir devant ses yeux, a très tôt appris que les bonheurs terrestres sont un " miel amer " : il faut savoir les goûter, mais sans s'arrêter à la courte satisfaction qu'ils procurent. Relisant les Béatitudes, sœur Emmanuelle évoque la relation apaisée qu'elle a nouée avec sa propre mort, devenue au fil des ans une compagne familière. Usant de mots très simples, elle parle ainsi de cette joie du Royaume, dont l'attente, au cœur de l'action, a illuminé sa vie.

 

                                                                                                
« À l'heure où ces lignes seront publiées, j'aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance. » Pendant près de 20 ans, Soeur Emmanuelle a rédigé ses mémoires, elle y est revenue incessamment, et jusque dans les derniers mois de son existence, pour les reprendre, les corriger et les enrichir. Ses Confessions d'une religieuse sont donc le livre le plus important qu'elle ait écrit :
Le premier, car elle l'a débuté avant tous les autres, alors même qu'elle était encore en Egypte ; et aussi le dernier parce qu elle l'a voulu posthume, afin de dire des choses qu'elle n'avait jamais dites auparavant, par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre.
Ce livre est avant tout une quête de vérité. Soeur Emmanuelle y évoque le long cheminement de sa vie au travers des choix qu'elle a faits, des êtres qu'elle a rencontrés, de sa relation intime avec Dieu. Elle a voulu retrouver, selon son expression fétiche, la « nudité » de l'être qu'elle a été, dans ses attentes, ses échecs et ses luttes.